BLAISSE Lionel,

Hospitalité démesurée, in : Architecture intérieure crée nº317,

Société d’Edition et de Presse, Paris, France 2004,

pp. 106 – 111

Location :

Paris, France


Client : private


Structure :

Joël Betito


Surfaces :

35 m2 house


Year :

1998 - 2003


Photos:

©Luc Boegly

©CPAP

Hospitalité démesurée


La réglementation urbaine française, à commencer par celle de la capitale, dénie, depuis bien longtemps, le droit à la constructibilité aux parcelles de petites tailles. Surface insuffisante, étroitesse de façade ou servitudes désuètes justifient tous ces (dé)laissés pour compte, y compris par la nature. Une fois encore, Christian Pottgiesser (Cf AC 315) oeuvre pour rendre à l’une d’entre elles son hospitalité, et pas n’importe laquelle !

Il y a quelques années, une nounou mauricienne achète pour moins de cent mille francs une masure d’une trentaine de m2 en fond de deuxième cour d’un immeuble de la rue du Buisson Saint-Louis. En mauvais état, la bâtisse semble ne tenir encore debout qu’en restant coincée sur trois côtés et demi entre les constructions mitoyennes. Ayant livré son rêve d’y faire construire une maison à l’un de ses employeurs, ce dernier lance l’idée sous forme de défis à son ami architecte qui le relève. D’âpres négociations, non seulement administratives mais aussi de voisinage, finiront par venir a bout de toutes les entraves. Sur un terrain d’à peine 8,80 m de large par 4 dans sa plus grande profondeur le c$oncepteur livre une cellule d’habitation de 35 m2 à l’architecture contemporaine inattendue. De par ses dimensions, ses vues limitées par les vis-à-vis (y compris plongeants) et les attentes hospitalières de sa propriétaire, cette maison de poupée était contrainte a faire fi de toutes les conventions du logement individuel traditionnel.

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Le concept imaginé par Christian Pottgiesser prévoit de venir emboîter un volume à vivre central (latéralement ouvert en façade) dans une très épaisse double paroi périphérique dans laquelle s’y loge tous ses services. Décrochée de cet entre-deux par un judicieux ruban vitré, la dalle béton de la toiture terrasse se plisse pour surélever la partie aveugle enchâssée dans les héberges voisines.

Les menuiseries extérieures découpent élégamment de leur aluminium laqué noir l’unique devanture de façon géométrale. La cloison en carreaux de plâtre ceinturant l’espace intérieur dans lequel on pénètre ressemble à une pièce d’orfèvrerie juxtaposant niches, inserts vitrés et portes. Les premières accueillent une banquette-bibliothèque, un coin bureau-repas en tête à tête(dont les assises télescopiques se dédoublent en porte-à-faux pour asseoir deux invités supplémentaires) où un quinconce en relief faisant office d’escalier suédois pour accéder au couchage d’appoint en comble.

La chambre (de la largeur de son lit double) prend le jour naturel par une étroite fenêtre tandis qu’un imposte verrier donnant sur le séjour capte la lumière zénithale émanant de la crevasse transparente ajourant la couverture. Le second ouvrant livre accès à la salle de bains dont le plan vasque du lavabo est éclairé sur sa gauche par une meurtrière. Le troisième (débouchant dans la cuisine) est encadré a son tour de deux autres fentes allongées, celle dépolie le surmontant offre une vue en contre-plongée sur le séjour depuis la chambrette d’ami. Un enfant ou un jeune adolescent pourra quant à lui trouver refuge pour  la nuit dans le «cabinet» aménagé au-dessus du coin repas à partir duquel Il accédera par la trappe d’éclairage. Cette conception atypique de l’architecture domestique satisfait (dans un contexte spatial identique à celui d’une résidence hôtelière) tous les besoins nécessaires d’une habitation citadine. Mais en plus, elle crée un véritable cadre de vie par son remarquable traitement chromatique (inspire à l’architecte par son épouse la peintre photographe Pascale Thomas) qui tout à la fois souligne les décrochés architectoniques et canalise en la réchauffant la lumière naturelle. LB